dimanche 14 février 2016

365 jours de la vie d'une fée désenchantée / 7

photo reçue de Zakane (merci!)


19/11 : rien : jeudi ordinaire
18/11 : exaltation et humilité (voir carnet institutionnel)
17/11 : analyse de « All is Vanity » et « Le Cri » de Munch avec apprentis-sorciers de 4e4 et 4e6
16/11 : métalepse A.B.
15/11 : anniversaire fêté en famille
14/11 : tentative de description d’une photo de L. devant ses yeux (« au sourire d’ange éblouissant ») conservation obstinée du cliché
13/11 : lecture :      
                       elle
                                   donc, n’en a pas fini avec ses ils,
                                   comme un millier de deuils à faire
                                   en même temps, et pour quelques-
                                   uns, les dents serrées, elle résiste.

                                   Albane Gellé, Je te nous aime, Cheyne Éditeur, 2004

(semaine rédigée à l’aide du cahier vert, de l’agenda et du journal institutionnel)

                       

samedi 6 février 2016

365 jours de la vie d’une fée désenchantée / 6


 
Photo Philippe Marc


26/11 : à ce moment-là, quelqu’un naissant quelque part, elle fait don du cri
25/11 : à ce moment-là, quelqu’un mourant quelque part, elle fait don d’une vie entière en un dernier souffle
24/11 : à ce moment-là, quelqu’un souffrant quelque part, elle fait don du sommeil
23/11 : ayant lu Réparer les vivants de maylis de kerangal, elle fait don de ses organes et l’écrit sur une carte qu’elle insère dans un porte-cartes
22/11 : fait don de sa personne à quelqu’un qui ne le remarque pas
21/11 : à ces deux-là qui s’embrassent fougueusement sous ses yeux, elle ne fait aucun don 
20/11 : à cette fée qui s’ignore, elle fait don du chant




samedi 30 janvier 2016

365 jours de la vie d’une fée désenchantée / 5


Photo Philippe Marc


03/12 : a fait ses lacets trois fois dans la journée, tourné sa langue sept fois dans sa bouche
02/12 : a entendu : aujourd’hui, vous êtes quoi fée ? (mais ce n’était pas une question, juste les doigts de fée de la coiffeuse)
01/12 : fait pas assez froid, pas assez peur
30/11 : incursion dans une zone non-identifiée (images obsédantes du « Stalker » de l’écrivain et du professeur dans la draisine) écrire dans un couloir obscur avec une lampe de mineur sur le front
29/11 : dimanche sans fée marquante
28/11 : envoi de la métalepse au maître du genre

27/11 : au collège, personne ne sait qu’elle est fée




samedi 23 janvier 2016

Comment dire le rose électrique du rose à rayures?

photo d'une photo (espace Pouillon), décembre 2015


Mais tu vas trop vite. Avant, juste avant, il y a eu : deux jeunes filles à un mètre l’une de l’autre observant les mains animées et bruyantes de l’une ou de l’autre. Pas une dispute mais le visage expressif de celle qui me fait face parle de quelque chose à laquelle je n’ai pas d’oreilles.

Peut-être du noir qui porte une musique rose à cravates ?

Au début, il y a eu le langage… dévalant les escaliers ces trois filles s’expliquant langage direct/indirect – ce que j’entends qui tend mon oreille à les suivre discrètement « par exemple Je te déclare mari et femme, s’il te dit ça, c’est que ça va se faire, c’est du langage direct… » - Flip flap – flip flap – flep – flep – flep (pas décroissant dans l’escalier).

Et le rose de la cravate, le même que celui du costume ? Non moins électrique et oblique –rose pâle oblique – oui c’est ça rayures roses sur fond blanc – rayures elles-mêmes striées de blanc étincelle

Froissement étoffes – couinent couinent les bottes aux semelle de crêpe – tapotement plus élastique – tap tap – tap tap – tap tap hauts talons féminins

Chapeau blanc soleil panama – tête baissée à lunettes silencieuses mains dans les poches

Violon voyageur à l’intérieur – images film de Walid Ghali – Sur la route de Djerba – bruit mat de la vague qui retombe – mais avant, avant… dehors – silence creusé immédiatement par l’avion – puis mouette – séquence ciel et paroles en l’air – ajout de rires aériens avant de retomber lourdement « Tu devais rigoler comme une folle je suppose – oh putain ! » Deux autres femmes en conversation – je les suis – s’interrompent – m’éloigne – reprennent « C’est lui qui n’a pas eu le courage de me dire » voix désillusionnée – roulement de la valise rose à roulettes sur le goudron gris

Nous y voilà, le rose

Espace Pouillon – violon voyageur – déclic et cliquettement de cette énigmatique lame métallique ondulante – bruit mat de la vague qui retombe


Lui enfin, ce noir chapeau blanc costume rose, cravate rose rayures blanches, lunettes noires, note élégante et tapageuse à la fois. Quel paysage sonore dans sa tête ? Tapage silencieux d’une image qui m’électrise.

365 jours de la vie d’une fée désenchantée / 4

photo Philippe Marc


10/12 : rencontre de Lucie (la fi/o/lle à la valise rouge) revenant de Poème
09/12 : ni fée, ni affaire : tout à fée, tout à écrire
08/12 : se pourrait bien qu’elle se porte bien mais n’y croit pas
07/12 : espace Pouillon : « Comment dire le roseélectrique du rose à rayures »
06/12 : brouillard, vote, scène d’aveu à Saint-Maximin dans une maison où vivent aussi deux ânes philosophes
05/12 : fait don au jardin de six pépins d’orange (vrai don, gratuit, car n’attend pas d’oranger en retour)

04/12 : fait beau, fée belle