mercredi 19 février 2014

Rendre compte #1





Rendre compte #1

Partir en voyage, un lundi où l’on devrait travailler. Un lundi au soleil qui plus est. J’aurais dû me méfier. Mais je suis de celles qui se fient. Qui se fiancent à l’inconnu qui passe. Tant pis s’il a un couteau dans la main ou une vengeance à prendre sur la vie. Partir donc un lundi matin dans l’autre sens que celui du travail alimentaire. Partir bien plus loin que la trentaine de kilomètres qui nous sépare de notre destination.

Aujourd’hui, c’est à notre tour de se nourrir. Être excitée comme les veilles de départ en vacances, enfant, dormir très peu, se lever très tôt. Vérifier le sac une dernière fois. La petite monnaie pour le bus, la trousse de stylos, le cahier, et le livre pour le voyage. On ne va pas loin pour pas longtemps. Mais on veut que cette journée sorte de l’ordinaire. Alors on ne prend pas la voiture mais le bus. Le n°50 pour Marseille, par l’autoroute. 5 euros 70, et l’aventure commence. On sort Autobiographie des objets de François Bon qu’on a spécialement choisi pour l’occasion. On frémit au sort des grenouilles qu’on repérait les yeux dorés, qui sont le seul signe par quoi on la reconnaît. On se délecte de l’expérience du microscope tenu à l’envers pour revoir autrement ce qui m’entourait – et n’en pas revenir. On souligne quelques passages. On regarde par la vitre les conducteurs des voitures qu’on surplombe. Ça bouchonne un peu, mais on s’en fiche, beaucoup trop en avance, de toute façon.

On arrive à la gare Saint-Charles, à 8h20. On ne traverse pas la gare (plus rapide) mais on la longe de l’extérieur pour profiter du soleil et de la vue. Ça fait une éternité qu’on n’est pas passé par là (de toute façon ça n’existait pas avant la réfection de la gare). Avant de descendre les 109 marches du grand escalier, on jette un œil à cette ville voyageuse qui a connu tant de départs et tant d’arrivées. On hésite à prendre une ou deux photos des statues commémorant les colonies françaises. Non, on n’est pas venue pour faire du tourisme. On se dirige vers le boulevard d’Athènes. Au n°31, on entre – en trébuchant sur le palier légèrement surélevé - dans la libraire du CRDP. L’une des intervenantes du stage est déjà là. La responsable de la formation ne tarde pas. Bientôt tout le monde est là  pour l’atelier d’écriture autobiographique.

Il est 9 heures, le voyage commence. Il va durer deux jours.

[à suivre]

3 commentaires:

  1. un atelier d'écriture autobiographique, quelle chance tu as... c'est un voyage que j'aurais bien aimé faire avec toi !
    Bises
    Esperluette

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    1. oui, je la mesure et la pèse cette chance! ne t'inquiète pas, on en fera un autre de voyage: n'oublie pas qu'on doit toujours aller voir la maison de Virginia...

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  2. Et bien , ,j'espère que ce sera un délicieux grand-bain de mots ,,,sans hate ,,av'ec exploration au microscope , Et j'aime beaucoup que tu nous revienne ,et le "( a suivre )" D 3

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